La Fondation Rurale Interjurassienne fait partie des auteurs d’une recherche qui vient d’être publiée dans la revue scientifique « Agriculture, Ecosystems and Environment ».
La fauche des prairies sans conditionneur et la présence d’habitats favorables aux abeilles ont un effet synergique bénéfique sur les abeilles sauvages dans les paysages agricoles.
Des populations saines d’abeilles sauvages sont essentielles à la pollinisation des plantes sauvages et de nombreuses cultures. Cependant, les abeilles sauvages sont menacées, notamment en raison de l’intensification de l’agriculture et de la disparition de leur habitat.
Pour contrer ces effets négatifs, des mesures d’atténuation sont mises en oeuvre dans le cadre de programmes agro-environnementaux.
Si les prairies agricoles offrent de précieuses ressources alimentaires florales aux abeilles, la technique et le moment de leur fauchage constituent probablement des aspects critiques qui déterminent leur valeur pour les pollinisateurs. Une fauche précoce, avant ou pendant le pic de floraison, ainsi que l’utilisation de conditionneurs – des dispositifs couramment utilisés pour accélérer le séchage de l’herbe et améliorer la qualité fourragère – pourraient avoir un impact négatif sur les abeilles.
Sur une période de six ans, nous avons échantillonné des abeilles sauvages dans 74 paysages de Suisse romande présentant des différences dans l’utilisation des conditionneurs dans les prairies temporaires, permanentes et extensives, ainsi que dans le report de la fauche des prairies temporaires, afin d’étudier les impacts individuels et combinés de ces mesures sur les abeilles sauvages.
Nous avons constaté que le fait de ne pas utiliser de conditionneurs dans les prairies extensives, combiné à une proportion accrue d’habitats favorables aux abeilles, avait un effet synergique bénéfique sur l’abondance et la richesse globale des abeilles sauvages, ainsi que sur l’abondance des bourdons.
De plus, pour bénéficier aux bourdons, la proportion de prairies sans utilisation de conditionneurs devait être relevée aussi dans les prairies temporaires et dans les prairies permanentes gérées de manière intensive. On a toutefois observé des variations importantes des effets de ces mesures d’une année à l’autre, ce qui souligne la nécessité d’un suivi à long terme de ces mesures afin de mieux comprendre leur efficacité.

Lire l’article complet : Janine M. Schwarz par Louis Sutter, Matthias Suter, Yann-David Varennes (FRI), Stephanie Pettman, Matthias Albrecht. Agroscope, Paysages agricoles et biodiversité, Reckenholzstrasse 191, Zurich, 8046
Informations : CEDD

