Place d'apprentissage

Raison sociale / NomLes Planchettes SA
NomAurélien Lüthi
AdresseRue des Planchettes 35
Localité2900 Porrentruy
Téléphone032 465 93 47
Emailaurelien.luthi@lespenates.ch
Raison sociale / NomLes Planchettes SA

Description de la place

Sécheresse : Achat de fourrage ou réforme du bétail, quelle stratégie choisir ?

Au vue des conditions météorologiques que l’année 2026 nous a réservée jusqu’à présent, la question des stocks de fourrage préoccupe de nombreuses exploitations agricoles. Acheter du fourrage ou réformer du bétail sont les deux alternatives pour pallier ce manque de réserves. La stratégie à choisir et les conséquences économiques que cela engendre pour l’exploitation dépendent de plusieurs variables telles que : les prix du lait, de la viande et des fourrages ainsi que la disponibilité de ceux-ci sur le marché.

Selon les calculs réalisés, trouver l’équilibre entre réduction du cheptel et achat de fourrage semble le plus cohérant. La réforme anticipée de nombreuses têtes de bétail peut pénaliser l’exploitation sur le long terme et doit rester une solution de dernier recours. Cependant, elle peut être pertinente si l’exploitation dispose à terme de nombreuses génisses de renouvellement et pour autant que l’achat de fourrage soit possible.

Sans réduction du cheptel et dans l’impossibilité d’acheter des fourrages grossiers, l’achat de paille et de concentrés destinés aux vaches taries est une solution à envisager.

L’impact économique attendu par l’exploitation peut être chiffré grâce à l’outil Excel développé par la FRI. Ce dernier permet ainsi d’aider les agricultrices et agriculteurs à s’orienter vers la stratégie la plus adaptée à leur exploitation et à en limiter les conséquences financières.


En résumé

Chaque exploitation est unique est fait face à une situation variable selon ses stocks de fourrage, son cheptel de jeune bétail ou encore le prix du lait perçu. De ce fait, il importe de choisir la stratégie la plus adaptée pour chaque cas. Une comparaison des impacts financiers pour les différentes stratégies peut être appréciée ci-dessous pour une exploitation de 40 vaches laitières et avec l’hypothèse d’un déficit fourrager de 30 jours.

 Stratégie 1
Achat de fourrages
Stratégie 2
Réforme de vaches
Stratégie 3
Achat paille et concentrés
Stratégie 4
Mixte : achat fourrage et vente de bétail
Impact financier(lait ensilage)– 8’798 Fr. + 5’357 Fr.– 7’434 Fr.– 1’728 Fr.
(lait fromagerie)– 10’350 Fr.– 3’975 Fr.– 7’434 Fr.– 6’248 Fr.
Se questionner avant d’agirFourrage encore disponible ?  

Evolution des prix  ?
Comment revenir à l’effectif initial du troupeau ?  

Evolution du prix de la viande  ?
Coûts des concentrés ?Disponibilité et coûts des fourrages ?

Prix de la viande ?
Hypothèse de départ : déficit fourrager de 30 jours, que faire ?

Sur la base d’une estimation du manque de fourrage attendu cette année, il est possible de calculer les quantités de fourrages qu’il sera nécessaire d’acheter afin de nourrir son troupeau de vaches laitières. Compte tenu des prix qui ne cessent de prendre l’ascenseur et de la disponibilité en fourrage qui s’amenuise, la réforme de vaches est la seconde alternative. Néanmoins, l’attractivité de cette alternative dépend des prix de la viande d’où l’intérêt, selon l’appel de la défense professionnelle, d’échelonner les ventes.

Différents scénarios ont été calculés pour une exploitation comptant un troupeau de 40 vaches laitières et une performance laitière moyenne de 8’500 kg.

Un manque de fourrage estimé pour 30 jours nécessite l’achat de 227 dt de matière sèche pour ces stratégies avec un troupeau de 40 vaches laitières.

Stratégie 1 : achat de fourrage

Ration avec ensilage : achat de maïs ensilage (14.70 Fr./dt MF) et de pulpes de betteraves ensilées (8.20 Fr./dt MF) pour compenser le déficit fourrager de 30 jours. Comme décrit dans le tableau 1 ci-dessous, cela représente un coût s’élevant à 8’800 Fr.

Ration sans ensilage : Un coût encore plus conséquent touchera les exploitations qui se voient obligées de fourrager une ration sèche.

Stratégie 1 : Achat de d’ensilage de maïs de pulpes de betteraves ensilées
Charges en plusCharges en moins
Achat maïs d’ensilage 420 dt MF (49 balles rondes) :
420 dt MF x 14.70 Fr./dt MF = -6’174 Fr.  
Achat de pulpes de betteraves ensilées 320 dt MF :
320 dt MF x 8.20 Fr./dt MF = -2’624 Fr.
 
Bilan économique = -8’798 Fr.
Tableau 1 : Impact financier de l’achat d’ensilage de maïs et de pulpes de betteraves ensilées
Détail des calculs
Stratégie 2 : réforme anticipée de vaches laitières

Sans achat de fourrage, la réforme anticipée de 9 vaches laitières est nécessaire après 170 jours de lactation.

  • Le produit de cette vente carnée aura un impact économique positif pour une exploitation produisant du lait d’industrie (voir tableau 2 ci-dessous) au regard du prix du lait (moyenne 53 cts/kg lait) et du prix de la viande (3.05 Fr./kg PV).
  • Pour les exploitations produisant du lait de fromagerie, on attend cependant un impact négatif. Les produits de la vente de lait sont plus attrayants que le prix de la viande dans ce cas.

Cependant, l’achat d’animaux pour revenir à l’effectif du troupeau initiale n’est pas pris en compte. Cette stratégie s’adresse donc, en premier lieu, aux exploitations comptant beaucoup de génisses d’élevage destinées au renouvellement du troupeau.

Stratégie 2 : Réformes anticipées de 9 vaches laitières (170 jours de lactations)  
Produits en moinsProduits en plus
Vente de lait en moins :   9 vaches réf x 135 jours x 24 litres x 0.53 cts = -15’455 Fr.Vente de vaches :   9 vaches réf x 650 kg x 3.05 Fr./kg PV = +17’843 Fr
Charges en plusCharges en moins
 Concentrés non consommés : +2’969 Fr.
Bilan économique = +5’357 Fr.
Tableau 2 : Impact financier de la réforme anticipée de 9 vaches laitières en lait d’industrie
Détail des calculs
Stratégie 3 : achat de paille et de concentrés pour affourager les vaches taries

Dans un contexte où la réduction du cheptel n’est pas envisageable et qu’il n’est pas possible d’acheter du fourrage grossier, l’achat de paille et de concentrés destinés aux vaches taries se trouvent être une stratégie possible. Une ration à base de paille oblige une complémentation minérale pointilleuse. La distribution de 3 kg de tourteau de colza par jour permet de répondre aux besoins de l’animal. L’appréciation de la consistance des fèces permet d’ajuster la distribution des concentrés et de s’assurer du bon fonctionnement digestif des animaux. Le tableau ci-dessous décrit les quantités et coûts qu’engendrerait cette stratégie pour un troupeau de 40 vaches laitières, soit 30 vaches taries à l’année.

Si du fourrage de moindre qualité, tel que le foin écologique destiné habituellement aux vaches taries, était distribué aux vaches laitières, cela nécessiterait un apport en concentrés plus important pour les vaches en lactation (cela est aussi à prendre en compte dans l’impact économique).

Stratégie 3 : Achat de paille et de concentré destinés aux vaches taries
Charges en plusCharges en moins
Achat de 252 dt de paille :
252 dt MF x 19 Fr./dt MF = -4’788 Fr.  
Achat de 54 dt de tourteau de colza :
54 dt MF x 49 Fr./dt MF = -2’646 Fr.
 
Bilan économique = -7’434 Fr.
Tableau 3 : Impact financier de l’achat de paille et de tourteau de colza destinés aux vaches taries
Détail des calculs

Stratégie 4 : allier réduction du cheptel et achat de fourrage

Le déficit fourrager peut aussi être comblé en mixant l’achat de fourrage (achat de maïs ensilage à 14.70 Fr./dt MF) et la réforme anticipée de vaches laitières (5 vaches après 170 jours de lactation).

En effet, une baisse trop importante des effectifs est un levier qui pénalisera l’exploitation sur le long terme, sauf si cette dernière élève de nombreuses génisses pour la remonte. Mixer achat de fourrage et réforme anticipée de quelques têtes de bétails se voient donc être une stratégie plus raisonnable pour autant que l’achat de fourrage soit possible.

Stratégie 4 : Réforme anticipée de 5 vaches laitières (à 170 jours de lactation) et achat de maïs d’ensilage
Produits en moinsProduits en plus
Vente de lait en moins :   5 vaches réf x 135 jours x 24 litres x 0.53 cts = -8’586 FrVente de vaches :   5 vaches réf x 650 kg x 3.05 Fr./kg PV = +9’913 Fr.  
Charges en plusCharges en moins
Achat maïs d’ensilage 320 dt MF (38 balles rondes) : 320 dt MF x 14.70 Fr./dt MF = -4’704 Fr.Concentrés non consommés : +1’649 Fr.
Bilan économique des mesures cumulées = -1’728 Fr.
Tableau 4 : Impact financier de l’achat d’ensilage de maïs et de la réforme anticipée de 5 vaches laitières
Détail des calculs
Vous souhaiter effectuer une simulation pour votre exploitation ?

Le fichier Excel développé par la FRI peut également être téléchargé (lien ci-dessous) et adapté selon les données propres à l’exploitation. Il permet ainsi d’obtenir des estimations aussi proches que possible de la réalité économique de chaque domaine.


Jocelyn Altermath et Mathilde Poupon, domaine PA, FRI

Retour en haut