Place d'apprentissage

Raison sociale / NomLes Planchettes SA
NomAurélien Lüthi
AdresseRue des Planchettes 35
Localité2900 Porrentruy
Téléphone032 465 93 47
Emailaurelien.luthi@lespenates.ch
Raison sociale / NomLes Planchettes SA

Description de la place

Séneçon sud-africain: quand faut-il agir ?

Le Canton du Jura a récemment publié de nouvelles Directives [voir l’article] fixant dorénavant des seuils précis à partir desquels la lutte est exigée contre certaines espèces de plantes envahissantes. Dans cet article, focus sur le Séneçon sud-africain (Senecio inaequidens), une espèce exotique envahissante toxique pour le bétail et capable de coloniser rapidement les pâturages et les vignes.


Pourquoi lutter contre cette plante ?

  • Impacts économiques et agricoles : plante toxique pour le bétail (ovins, bovins, équins) et l’homme (alcaloïdes pyrrolizidiniques) ; refusée au pâturage : réduit la surface utile et la production fourragère ; envahit les vignes et prairies, causant des pertes de rendement ; toxique même à l’état séché et ensilé (risque d’intoxications graves) ; toxicité pour l’humain via contamination possible du lait et du miel (traces détectées).
  • Impacts sur la biodiversité : risque de concurrence avec la flore indigène dans les milieux ouverts ; peut s’installer durablement dans la végétation ouverte des pelouses steppiques et des éboulis montagnards ; très compétitif dans les premiers stades de la succession écologique (milieux perturbés).
  • Impacts sanitaires : contient des toxines hépatiques dangereuses pour l’homme et le bétail en cas d’ingestion.

Comment la reconnaître ?

Il s’agit d’une plante herbacée pérenne (vivace), buissonnante, haute de 40 à 60 cm. Ses feuille sont étroites et entières et ses fleurs en forme de petites marguerites jaunes.

Jeune plant de Séneçon sud-africain

Le Séneçon sud-africain se reconnaît notamment à :

  1. Ses feuilles linéaires : Étroites, entières, allongées (6-7 cm x 2-5 mm). Aspect de fines lanières vertes, souvent brillantes, à bord parfois denté. C’est le critère principal.
  2. Sa tige ligneuse : Base de la plante couchée, devenant ligneuse (boisée) avec le temps, puis dressée. Tige glabre (sans poils).
  3. Ses fleurs jaunes : Capitules type « marguerite » (1,5-2,5 cm). Floraison longue : principalement août à octobre, mais possible toute l’année selon le climat.
Feuilles linéaires
Tige ligneuse à la base, port buissonnant
Fleurs jaunes en « marguerites »

Ne pas confondre avec :

  • Le Séneçon jacobée (Senecio jacobaea) : espèce indigène, également envahissante et toxique. Feuilles profondément découpées (en lyre). Le Séneçon sud-africain a des feuilles lisses et entières (en lanières).
  • Le Millepertuis : feuilles percées de points translucides visibles par transparence. Le Séneçon sud-africain a des feuilles opaques.
  • Les Solidages : fleurs regroupées en grosses grappes denses (panaches). Le Séneçon sud-africain a des fleurs isolées type « marguerites ».
Séneçon jacobée
Millepertuis
Solidages américains

Quelle est son écologie et sa distribution ?

Milieux : espèce rudérale très adaptable : bords de routes, voies ferrées, dépôts de terre, friches. S’étend aux pâturages, vignes, bords de champs, éboulis (jusqu’à 1600 m). Tolère le sel de déneigement et divers types de sols (acides ou calcaires). Préfère les habitats modifiés par l’homme où la concurrence est faible.

Reproduction : Sexuée : Jusqu’à 30’000 graines/plante. Dispersées par le vent (aigrettes) sur de longues distances. Germination possible presque toute l’année (viabilité ≥ 2 ans). Végétative : marcottage naturel. les tiges couchées peuvent s’enraciner au contact du sol.

Comportement invasif : expansion favorisée par les activités humaines : transports (terres, fourrages, pneus), axes routiers et ferroviaires. Dans les pâturages, il est délaissé par le bétail et peut donc facilement fructifier et se propager. Les déplacements d’air provoqués par les véhicules favorisent la diffusion le long des routes.

Distribution : originaire des hauts plateaux d’Afrique du Sud. En pleine expansion en Suisse (points d’entrée : autoroutes et voies ferrées). Dans le Jura : plusieurs foyers avérés (InfoFlora/Géoportail), notamment en zones agricoles et viticoles. Surveillance accrue requise.

Quels sont les seuils d’intervention fixés pour cette espèce ?

Selon les nouvelles Directives cantonales jurassiennes entrées en vigueur le 11 juin 2026, les seuils fixés à partir desquels l’Etat peut imposer une lutte aux frais des propriétaire sont :

Type de zoneSeuil de déclenchement
Zone agricole (SAU, alpages)2 m2/are
Zone naturelle prioritaire2 m2/are
Berges2 m2/are
Zone artificielle (routes, jardins publics)2 m2/are
Zone forestière10 m2/are

Pour rappel du principe-clé –  Les seuils ne sont pas un objectif : intervenez dès la découverte des premiers plants. Plus la lutte est précoce, plus elle est simple et économique.

Comment lutter ?

Vu son caractère envahissant et sa toxicité, si la présence de Séneçon sud-africain est suspectée sur une parcelle jurassienne, il est recommandé de contacter la Station phytosanitaire pour valider la stratégie.

Foyers isolés (petites surfaces) :

  • Arrachage manuel : Avant floraison. Extraire la racine et évacuer de la parcelle.
  • Fréquence : Min. 2x/an (mai et septembre). Contrôle en novembre.
  • Durée : Répéter 2 ans consécutifs + contrôle l’année suivante.
  • Élimination : Plantes fleuries/grainées → sac fermé → incinération ou décharge. Jamais de compostage domestique.

Parcelles infestées (grandes surfaces) :

  • Fauche répétée : Min. 7x/an (de mai à novembre), au ras du sol.
  • Effet : Affaiblit la plante, retarde la floraison, mais n’élimine pas totalement (s’adapte à la fauche)
  • Gestion du sol : Ensemencer rapidement un couvert végétal dense pour éviter la recolonisation.
  • Traitement chimique : grande résistance aux herbicides en partie à cause de la surface foliaire réduite. Traitement possible sur jeunes plants; Il est fortement recommandé d’ajouter une huile pour augmenter l’absorption du produit par la plante. Consultez la liste des produits homologués.

Points-clés  :

  • Intervenir avant la floraison : couper le cycle avant la production des 30’000 graines.
  • Zéro transfert : Ne jamais déplacer de terre ou de fourrage contaminé.
  • Nettoyage : Nettoyer machines, outils et vêtements sur place avant de quitter la zone.
  • Surveillance : Suivi régulier sur plusieurs années (banque de graines + vivacité de la plante).

N’attendez pas, dès la détection du foyer, signalez la présence de Séneçon sud-africain à la Station phytosanitaire. La rapidité d’action est le meilleur moyen de maintenir vos surfaces fourragères et la biodiversité locale.

Plus d’informations:

La Station phytosanitaire se tient à votre disposition pour tout complément d’information : +41 32 545 56 00 ou phytosanitaire@frij.ch.

Pour plus de détails sur l’écologie de la plante, les moyens de lutte et sur les directives cantonales :


Prochain article : Solidages américains

Précédents articles : 
Plantes envahissantes : quand la lutte devient-elle obligatoire dans le Jura ?
Souchet comestible
Ambroisie à feuilles d’armoise


Station phytosanitaire du canton du Jura

+41 32 545 56 00 ou phytosanitaire@frij.ch

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