Place d'apprentissage

Raison sociale / NomLes Planchettes SA
NomAurélien Lüthi
AdresseRue des Planchettes 35
Localité2900 Porrentruy
Téléphone032 465 93 47
Emailaurelien.luthi@lespenates.ch
Raison sociale / NomLes Planchettes SA

Description de la place

Ailante glanduleux: quand faut-il agir ?

Le Canton du Jura a récemment publié de nouvelles Directives [voir l’article] fixant dorénavant des seuils précis à partir desquels la lutte est exigée contre certaines espèces de plantes envahissantes. Dans cet article, focus sur lAilante glanduleux (Ailanthus altissima), un arbre exotique envahissant allergène à croissance ultra-rapide qui endommage les infrastructures et étouffe la forêt par ses rejets massifs.


Pourquoi lutter contre cette plante ?

  • Impacts sur la biodiversité : croissance très rapide formant des peuplements denses qui inhibent la régénération forestière indigène (ombre + allélopathie) ; colonise les prairies sèches, forêts thermophiles et paysages alluviaux ; un seul arbre femelle peut produire jusqu’à 325’000 graines.
  • Impacts économiques: racines puissantes s’infiltrant dans les murs, fondations, routes et canalisations ; coûts d’entretien élevés dans les espaces verts et menaces sur la fonction protectrice des forêts (bois fragile).
  • Impacts sanitaires : possiblement fortement allergène et irritant. La sève, l’écorce, les poils des jeunes rameaux et le pollen provoquent de fortes irritations cutanées et des allergies respiratoires. Attention : porter systématiquement gants, lunettes et masque lors de l’intervention. Cette espèce n’est pas consommée par le bétail à cause des substances amères présentes dans ses feuilles.

Comment la reconnaître ?

Il s’agit d’un arbre caduc pouvant dépasser 25 m de haut, à croissance très rapide (15 m en 25 ans).

Ailante glanduleux – arbre adulte

L’Ailante glanduleux se reconnait notamment à :

  1. Son écorce distinctive : grise et lisse chez les jeunes sujets, elle se craquelle ensuite avec des lenticelles en forme de losanges clairs. C’est le signe le plus fiable sur les arbres plus âgés.
  2. Ses feuilles composées : très grandes (40-60 cm), formées de 4 à 12 paires de folioles allongés/effilés. La base des folioles porte 1 ou 2 dents glanduleuses (petits renflements) sur la face inférieure. Les feuilles dégagent une odeur désagréable (ne pas toucher sans gants !).
  3. Ses fruits (samares) : graines ailées, tournées en torsades, groupées en grandes grappes pendantes (rougeâtres à maturité), ressemblant à celles du frêne mais en plus torsadées.
Ecorce « en losanges » clairs
Grandes feuilles composées
Fruits (samares) torsadés

Ne pas confondre avec :

  • Le Sumac vinaigrier (Rhus typhina) : exotique envahissant aussi. Ses fruits sont des grappes coniques et velues (rouge vif), ses folioles sont finement dentées sur tout le bord (pas de glandes) et il reste petit (5-8 m).
  • Le Frêne commun (Fraxinus excelsior) : indigène. Bourgeons noirs (liège), 4 à 6 paires de folioles (sans glandes), samares non torsadées.
Sumac vinaigrier (Rhus typhina)
Frêne commun (Fraxinus excelsior)

Quelle est son écologie et sa distribution ?

Milieux : essence pionnière très tolérante : sols secs, calcaires ou siliceux, pollution, sel de déneigement, sécheresse. Colonise : décombres, gares, rues, voies ferrées, bords de routes, zones industrielles, murs, rives des cours d’eau, prairies, forêts (après perturbations : tempêtes, coupes).

Reproduction : Sexuée : 14’000 à 325’000 graines/arbre femelle, dispersées par le vent sur de longues distances (vecteur : routes). Viabilité : 1 an. Végétative (Très agressive) : Racines s’étendant sur 45 m. Tout fragment de racine (1 cm) produit un rejet.

Comportement invasif : réaction à la coupe : l’abattage simple provoque l’apparition massive de drageons (rejets) jusqu’à 20 m du pied, multipliant la population par 34 en un an. Introduction ornementale (XVIIIe siècle). Expansion favorisée par les transports de terres contaminées et le réchauffement climatique. Résiste au froid (-35°C), à la sécheresse, à la pollution et à la salinité.

Distribution : originaire de Chine et Corée du Nord. Présent dans tout le plateau suisse, colonise activement les forêts du nord des Alpes. Dans le Jura : Présent en zones périurbaines, le long des axes de transport et commence à pénétrer les milieux forestiers.

Quels sont les seuils d’intervention fixés pour cette espèce ?

Selon les nouvelles Directives cantonales jurassiennes entrées en vigueur le 11 juin 2026, une tolérance zéro est appliquée pour l’Ailante glanduleux sur tout le territoire (tout type de zone), ce qui signifie qu’une lutte est obligatoire contre cette plante envahissante dès que la présence de l’espèce est constatée.

Type de zoneSeuil de déclenchement
Zone agricole (SAU, alpages)Dès 1 plante
Zone naturelle prioritaireDès 1 plante
BergesDès 1 plante
Zone artificielle (routes, jardins publics)Dès 1 plante
Zone forestièreDès 1 plante

Comment lutter ?

Vu le caractère de première priorité, si la présence d’Ailante glanduleux est suspectée sur une parcelle jurassienne, prendre contact rapidement avec la Station phytosanitaire.

ATTENTION : L’abattage ou la coupe simple favorise un drageonnement massif. Privilégiez le cerclage ou le traitement de souche. Protégez-vous (gants, masque, lunettes) contre la sève allergène.

Jeunes plants et rejets (< 1 an) :

  • Arrachage manuel : Extraire toute la racine (mars à août). Un fragment oublié = nouveaux rejets.
  • Fauches répétées : 5 à 6 fois/an (avril à septembre) pour épuiser la réserve racinaire. Durée : 5 ans minimum.
  • Élimination des déchets :
    • Racines et graines : Incinération ou compostage professionnel (hygiénisé). Jamais de compostage domestique.
    • Bois et feuilles : Peuvent être laissés sur place ou valorisés (le bois ne rejette pas).

Arbustes et Arbres (diamètre >10 cm) :

  • Cerclage (Recommandé) : Entailler l’écorce sur 80-90% du tour (sans séparer totalement) pour tuer l’arbre sur pied sans provoquer de rejets. À répéter l’année suivante.
  • Abattage + Traitement chimique de souche : Si l’abattage est obligatoire, traiter la souche immédiatement (dans les 15 min) avec un herbicide spécifique à base de triclopyr (Garlon 120, Trible 100 EC) dilué à 75% au pinceau. Les produits à base de triclopyr sont interdits dans les zones S2 et SH. Veuillez vous adresser à la Station phytosanitaire avant d’entreprendre un traitement chimique.

Points-clés  :

  • Ne jamais couper sans stratégie : Une coupe non maîtrisée transforme un arbre en un foyer de dizaines de rejets.
  • Protection individuelle : La sève est irritante. Gants et lunettes obligatoires.
  • Zéro fragment racinaire : Lors de l’arrachage, récupérer chaque morceau de racine.
  • Surveillance durable : Contrôler le site pendant 5 ans minimum pour éliminer les rejets issus de la banque racinaire.

N’attendez pas, dès la détection de la présence d’Ailante glanduleux, le signalement à la Station phytosanitaire est obligatoire. La rapidité d’action est le meilleur moyen de préserver vos parcelles et la santé de toutes et tous.

Plus d’informations:

La Station phytosanitaire se tient à votre disposition pour tout complément d’information : +41 32 545 56 00 ou phytosanitaire@frij.ch.

Pour plus de détails sur l’écologie de la plante, les moyens de lutte et sur les directives cantonales :


Prochain article : Impatiente glanduleuse

Précédents articles : 
Plantes envahissantes : quand la lutte devient-elle obligatoire dans le Jura ?
Souchet comestible
Ambroisie à feuilles d’armoise
Séneçon sud-africain
Solidages américains


Station phytosanitaire du canton du Jura

+41 32 545 56 00 ou phytosanitaire@frij.ch

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