Place d'apprentissage

Raison sociale / NomLes Planchettes SA
NomAurélien Lüthi
AdresseRue des Planchettes 35
Localité2900 Porrentruy
Téléphone032 465 93 47
Emailaurelien.luthi@lespenates.ch
Raison sociale / NomLes Planchettes SA

Description de la place

Impatiente glanduleuse: quand faut-il agir ?

Le Canton du Jura a récemment publié de nouvelles Directives [voir l’article] fixant dorénavant des seuils précis à partir desquels la lutte est exigée contre certaines espèces de plantes envahissantes. Dans cet article, focus sur l’Impatiente glanduleuse (Impatiens glandulifera), une espèce exotique envahissante qui explose littéralement pour disperser ses graines et déstabilise les sols.


Pourquoi lutter contre cette plante ?

  • Impacts sur la biodiversité : forme des tapis denses si compacts qu’aucune autre plante ne pousse en dessous (manque de lumière). Évince la végétation indigène des rives et empêche le rajeunissement des arbres en forêt. Avec ses fleurs très attractives, entre en concurrence pour les insectes pollinisateurs avec les plantes indigènes qui sont donc moins pollinisées.
  • Impacts économiques : érosion et déstabilisation des berges : son système racinaire est faible et la plante disparaît en hiver, laissant le sol nu et vulnérable au lessivage et aux crues. Coûts d’entretien accrus pour la gestion des cours d’eau et des talus.

Comment la reconnaître ?

Il s’agit d’une grande plante herbacée annuelle (meurt en hiver, repart de graines), très robuste, haute de 1 à 2 mètres, à fleurs roses.

Plant d’Impatiente glanduleuse

L’Impatiente glanduleuse se reconnait notamment à :

  1. Sa tige rouge et creuse : tige charnue, translucide, souvent teintée de rougeâtre, non rameuse. Elle se brise facilement.
  2. Ses feuilles dentées : grandes (10-25 cm), lancéolées, à bords dentés en scie. Souvent regroupées par 3 (verticilles) dans le haut de la tige. Présence de glandes rouges à la base du pétiole.
  3. Ses fleurs roses en éperon : fleurs à un seul plan de symétrie, « en éperon », rose à rose pâle, longues de 2-4 cm, avec un éperon recourbé caractéristique.
  4. Ses « glandes » rouges : présence de petites glandes rouges ou noires (renflements) à la base du limbe des feuilles et sur les pétioles. C’est ce qui la distingue de l’Impatiente bicolore.
  5. Ses fruits « explosifs » : capsules vertes en forme de massue. Au moindre contact, elles explosent (mécanisme de catapulte) et projettent les graines jusqu’à 7 mètres.
Tige rouge
Feuilles dentées
Fleurs roses « en éperon »
Glandes rougeâtres
Fruits en capsules

Ne pas confondre avec :

  • L’Impatiente ne-me-touchez-pas (Impatiens noli-tangere) : seule espèce d’impatiente indigène. Ses fleurs sont jaunes. À protéger.
  • L’Impatiente bicolore (Impatiens balfourii): exotique aussi, fleurs roses également, mais plante plus petite (< 1 m) et sans glandes rougeâtres.
  • L’Impatiente à petites fleurs (Impatiens parviflora): également exotique, petite (< 70 cm), fleurs jaune pâle.
L’Impatiente ne-me-touchez-pas (Impatiens noli-tangere)
L’Impatiente bicolore (Impatiens balfourii)
L’Impatiente à petites fleurs (Impatiens parviflora)

Quelle est son écologie et sa distribution ?

Milieux : affectionne les sols humides, riches en nutriments et ombragés. Colonise prioritairement les berges de cours d’eau, forêts alluviales, chemins forestiers humides et zones déboisées.

Reproduction : végétative (capacité élevée de régénération à partir de fragments de tiges) et sexuée : une plante produit 800 à 4’000 graines; forte densité des populations (une population peut produire 32’000 graines/m2)

Comportement invasif : croissance ultra-rapide (fleurit 13 semaines après germination), mécanisme d’expulsion des graines (jusqu’à 7m), taux germination élevé, germination synchronisée et précoce (mars-avril), pouvoir de germination de 2 ans. Expansion favorisée par les travaux forestiers, le déplacement de terres contaminées, introduction comme plante ornementale et mellifère. Dissémination hydrique : les graines flottent et sont transportées par les cours d’eau sur de très longues distances.

Distribution : originaire de l’Himalaya. Introduite en Europe en 1839 (ornementale/mellifère). Très commune en Suisse sur tout le plateau et en montagne. Dans le Jura : Omniprésente le long des cours d’eau, ruisseaux, zones humides, jardins, forêts, lisières, prairies, etc.

Quels sont les seuils d’intervention fixés pour cette espèce ?

Selon les nouvelles Directives cantonales jurassiennes entrées en vigueur le 11 juin 2026, les seuils fixés à partir desquels l’Etat peut imposer une lutte aux frais des propriétaire sont :

Type de zoneSeuil de déclenchement
Zone agricole (SAU, alpages)10 m2/are
Zone naturelle prioritaire10 m2/are
Berges10 m2/are
Zone artificielle (routes, jardins publics)10 m2/are
Zone forestière20 m2/are **
** s’applique uniquement à moins de 50 m des quatre autres périmètres

Pour rappel du principe-clé –  Les seuils ne sont pas un objectif : intervenez dès la découverte des premiers plants. Plus la lutte est précoce, plus elle est simple et économique.

Comment lutter ?

Vu son caractère envahissant, si la présence d’Impatiente glanduleuse est suspectée sur une parcelle jurassienne, il est recommandé de contacter la Station phytosanitaire pour valider la stratégie.

Principe-clé: Intervenir impérativement avant la floraison (ou au tout début) qui dure de juillet à septembre. Une plante fleurie qui explose peut anéantir des mois d’efforts.

Foyers isolés (petites surfaces ≤ 100 m²) :

  • Arrachage manuel : Très facile car racines peu profondes. À faire à la main.
  • Fréquence : 2x/an (mai et juillet).
  • Durée : Répéter durant 6 ans (pour épuiser la banque de graines).
  • Élimination : Si pas de fleurs/graines → laisser sur place (composte). Si fleurs/graines présentes → sac fermé → incinération ou compostage professionnel. Jamais de compostage domestique.

Parcelles infestées (grandes surfaces >100 m²) :

  • Fauches répétées : 2 à 3x/an.
  • Calendrier : 1ère fauche mai-juin (avant floraison), puis 2ème et 3ème fauches juillet-août.
  • Technique : Faucher au ras du sol, sous le 1er nœud.
  • Objectif : Stabilisation ou éradication selon l’enjeu (6 ans minimum).
  • Traitement chimique : interdit la plupart du temps car la plante pousse dans ou près de zones humides (zones protégées). Privilégier les méthodes mécaniques. Pour les plantes se trouvant dans la surface agricole et hors des zones de protection, s’adresser à la Station phytosanitaire.

Points-clés  :

  • Avant l’explosion : Arracher ou faucher avant que les capsules des fruits ne soient matures.
  • Sens du courant : Toujours travailler de l’amont vers l’aval pour ne pas disperser les graines vers les zones saines.
  • Nettoyage : Nettoyer bottes, outils et machines avant de quitter le site (graines collantes).
  • Surveillance : Contrôler le site en septembre et les années suivantes (les graines germent encore 2 ans après).

N’attendez pas, dès la détection de la présence d’Impatiente glanduleuse, agissez avant la floraison. L’arrachage manuel est simple et évite l’érosion des berges. Signalez les nouveaux foyers à la Station phytosanitaire.

Plus d’informations:

La Station phytosanitaire se tient à votre disposition pour tout complément d’information : +41 32 545 56 00 ou phytosanitaire@frij.ch.

Pour plus de détails sur l’écologie de la plante, les moyens de lutte et sur les directives cantonales :


Prochain article : Renouées asiatiques

Précédents articles : 
– Plantes envahissantes : quand la lutte devient-elle obligatoire dans le Jura ?
– Souchet comestible
– Ambroisie à feuilles d’armoise
– Séneçon sud-africain
– Solidages américains
– Ailante glanduleux


Station phytosanitaire du canton du Jura

+41 32 545 56 00 ou phytosanitaire@frij.ch

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