La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est une maladie virale qui touche les bovins, les buffles et les bisons. Elle n’affecte pas les humains. Le virus est transmis par des insectes piqueurs. A la suite de l’apparition de foyers en France voisine, une zone de surveillance a été instaurée en Suisse avec la vaccination obligatoire. Qu’en est-il actuellement, quelles sont les perspectives et les risques ?
Pourquoi ne pas vacciner à grande échelle ?
En dehors de la zone réglementée (=zone de protection et zone e surveillance) où la vaccination est obligatoire, il est interdit de vacciner. Pour quelle raison ?
Lionel Bertholet, vétérinaire cantonal (JU) précise que c’est d’abord une question de législation : selon l’ordonnance sur les épizooties (OFE art.81), on n’a pas le droit de vacciner en dehors des zones éventuelles définies par l’OSAV (OFE art. 96). Ensuite, une zone vaccinée n’est plus considérée comme indemne de la maladie car les animaux ont fabriqué des anticorps contre le virus et il n’est plus possible de les distinguer des animaux atteints de la maladie. Les animaux et certains produits animaux ne pouvant plus être exportés, par exemple, les produits au lait cru. Les zones vaccinées sont alors confrontées à des impacts économiques importants.
Quels sont les risques en Suisse ? Est-ce que des abattages de tout un troupeau pourraient être ordonnés ?
La Suisse bénéficie d’une plus grande marge d’appréciation pour les troupeaux intégralement vaccinés. Mais, selon l’OSAV, en cas d’apparition de la maladie dans la zone de protection ou en dehors, la stratégie serait donc la même qu’en France, avec toutefois des dérogations possibles.
Lionel Bertholet rappelle que l’impact de la DNC sur les animaux atteints est tout de même important et peut se prolonger avec une baisse de rendement, de fertilité ou une augmentation des avortements, en plus des atteintes durables au cuir.
En comparaison avec la maladie de la Langue bleue (FCO), aussi une maladie virale transmise par des insectes, les mouches piqueuses de la DNC ne sont pas si facilement transportées par le vent que les moucherons de la FCO. Mais la DNC est hautement contagieuse et elle peut facilement être amenée dans une autre région par le transport des animaux, comme c’était le cas en France. Il y a eu des cas de transports légaux d’animaux qui ont provoqué de nouveaux foyers, probablement car les animaux étaient en période d’incubation de la maladie ou pas encore suffisamment protégés par le vaccin. Cette protection n’est effective qu’après 30 jours.
Les services vétérinaires effectuent une surveillance quotidienne et ont des échanges réguliers avec les collègues français. Lionel Bertholet se veut d’un côté rassurant, car la stratégie appliquée en Suisse a fonctionné jusqu’à présent : les zones de surveillance sont restées indemnes. Il est important d’informer au mieux sur les méthodes qui fonctionnent. D’autre part, nous ne pouvons pas tout maîtriser et devrons être prêts pour la saison prochaine afin d’appliquer la meilleure stratégie quand les insectes vecteurs seront à nouveau actifs.
Les symptômes de la maladie
Après une période d’incubation de 28 jours, on observe deux phases:
Phase 1 : de 2 à 9 jours post-infection: Fièvre (jusqu’à 41°C), abattement, anorexie, hypersalivation, écoulements nasal et oculaire; chute de lactation et ganglions lymphatiques grossis
Phase 2 : de 4 à 20 jours post-infection: Nodules sur la peau et les muqueuses (2-5cm) ; infertilités temporaires ou permanentes, parfois avortements
Les conséquences de la maladie
La baisse drastique de la production laitière
L’amaigrissement et la perte de valeur économique
Des animaux gravement malades (10-40%); la mortalité est de 1-5%
La dépréciation de la valeur des cuirs
Le coût élevé des soins
Les restrictions durables impactent les échanges et les importations
Mode de transmission

La transmission du virus a lieu soit par des insectes piqueurs (transmission vectorielle) directement d’un animal à l’autre ou par le transport des insectes infestés dans des véhicules.
La transmission peut aussi avoir lieu de manière directe au veau par voie intra-utérine ou par des sécrétions (salive, liquide des yeux, lait, semence) ou via du matériel médical contaminé (transmission non-vectorielle)
Quelles sont les recommandations ?
La maladie est hautement contagieuse, c’est pourquoi la vaccination est interdite avec des dérogations possibles. En Suisse, la maladie est placée sous haute surveillance par l’OSAV qui décide des mesures.
Points d’attentions:
Notifier immédiatement toute suspicion de maladie; la quarantaine est obligatoire pour les animaux suspects.
Il est important de renforcer la biosécurité (désinfection du matériel et des véhicules) et de lutter contre les vecteurs (répulsifs, désinfection).
Dans la zone réglementée, il y a restriction de déplacer des animaux vivants à l’intérieur, vers et en provenance de l’extérieur.
Voir la présentation du SCAV – Jura – août 2025
Contact FRI, domaine production animale: Véronique Frutschi


