Place d'apprentissage

Raison sociale / NomLes Planchettes SA
NomAurélien Lüthi
AdresseRue des Planchettes 35
Localité2900 Porrentruy
Téléphone032 465 93 47
Emailaurelien.luthi@lespenates.ch
Raison sociale / NomLes Planchettes SA

Description de la place

Production de lait d’industrie BIO – comment réduire les quantités en minimisant l’impact financier ?

Bien qu’il soit peu motivant de réduire la production de son troupeau, surtout lorsque l’exploitation a été affectée par la langue bleue l’année précédente et que les fourrages sont de très bonne qualité cette année, une diminution volontaire et généralisée des ventes de lait s’avère nécessaire pour éviter un effondrement encore plus sévère des prix. Trois alternatives sont envisagées pour réduire les volumes de lait livrés et désengorger le marché : la réduction des concentrés distribués aux vaches laitières, la réforme anticipée de certaines vaches, ou l’engraissement de veaux. Selon les calculs effectués, le coût de cette réduction varie selon le scénario et les options choisies. Dans le meilleur des cas, ces mesures peuvent améliorer le revenu de 0,5 centime par kg de lait commercialisé, tandis que dans les situations les moins favorables, le revenu peut être directement réduit de plus de 4 centimes par kg de lait. Il convient toutefois de considérer ces actions comme un investissement visant à soutenir le prix du lait et à prévenir un effondrement plus marqué du marché.


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Le contexte

Bien que la production biologique soit touchée à plus petite échelle face à la baisse du prix du lait en comparaison avec les exploitations conventionnelles, celles-ci ne sont pas épargnées. C’est pourquoi, l’outil servant de base décisionnelle pour la réduction des quantités de lait tout en minimisant l’impact économique a été adapté à la production biologique. Celui-ci fait à nouveau la distinction entre les exploitations suivant le modèle de base et celles suivant le modèle de planification. Les calculs sont également réalisés sur la base d’une exploitation type.

Quels seraient les impacts financiers, par kg de lait commercialisé en moins, de la mise en œuvre de ces 3 options pour l’exploitation-exemple simulée ?

Les résultats des simulations sont synthétisés dans le tableau ci-dessous (Tableau 1). Les calculs détaillés peuvent être consultés sur le site de la FRI. A ce stade, ces résultats ne tiennent pas compte des coûts des sur livraisons dans le modèle de planification, respectivement des augmentations de prix en cas de diminution de la production dans le modèle de base.

Tableau 1 : Impact financier de la diminution de production laitières selon 4 scénarios et 3 options pour l’exploitation-expemple.

Les informations qui ressortent de ces simulations sont les suivantes :

  • Réduire les quantités de concentrés distribués par vache laitière (Option1) et engraisser des veaux (Option 3) sont les variantes les plus intéressantes économiquement. Une réduction des concentrés affouragés « coûte » entre 25 et 27 centimes par kg de lait non commercialisé contre 27.3 centimes en ce qui concerne l’engraissement de veaux. La mise en œuvre de ces différentes options exige d’un savoir-faire plus ou moins spécifique selon l’option choisie.  En effet, l’engraissement de veaux requiert de places disponibles, d’une maîtrise de la branche ainsi que d’un investissement en temps.
  • La réforme anticipée de vaches laitières (option 2) s’avère être l’option la moins intéressante économiquement. Selon les simulations réalisées, l’impact financier s’élève à 46.6 centimes par kg de lait produit en moins.
Quels seraient les impacts financiers, globalement de février à juin et par kg de lait commercialisé, pour l’exploitation-exemple de la mise en œuvre de ces 3 options ?

Les résultats des simulations sont synthétisés dans le tableau ci-dessous (Tableau 2). Les calculs détaillés peuvent être consultés sur le site de la FRI. A la différence du chapitre ci-dessus, les résultats tiennent désormais compte des coûts des sur livraisons dans le modèle de planification, respectivement des augmentations de prix en cas de diminution de la production dans le modèle de base.

Tableau 2 : Impact financier global de février à juin et par kg de lait effectivement commercialisé pour l’exploitation-exemple selon différentes simulations

Les informations qui ressortent de ces simulations sont les suivantes :

  • Si l’exploitation est annoncée dans le modèle de planification, elle n’a aucun intérêt à commercialiser du lait au-delà de la quantité planifiée (Simulation A2). Une sur livraison s’élevant à 14% diminuera son revenu de quelque Fr. 6’738.-, soit Fr. 4.6 centimes par kg de lait commercialisé.
  • Si l’exploitation est annoncée dans le modèle de planification, une diminution volontaire du lait commercialisé de 7.6% de l’exploitation (Simulation A1) occasionnerait une perte s’élevant à Fr. 3’206.-, soit 2.5 centimes par kg de lait commercialisé.
  • Si l’exploitation produit selon le modèle de base et que, en l’absence de mesures de restriction, sa production n’excède pas celle observée à la même période 12 mois auparavant, il est économiquement avantageux de réduire la production laitière de 10 % par rapport à la même période de 2025 afin de bénéficier d’une hausse du prix de 4 centimes (Simulation B2). Cette stratégie permet même d’améliorer la situation économique de l’entreprise de 0,5 centime par kg de lait commercialisé.
  • Si l’exploitation produit selon le modèle de base et que, en l’absence de mesures de restriction, sa production n’excède pas celle observée à la même période 12 mois auparavant, une diminution de 5% (Simulation B1) engendrerait une perte financière malgré qu’elle bénéficie d’une hausse du prix du lait de 2 centimes. Cette perte financière ne lui coûterait cependant, « que » 0.5 centime par kg de lait commercialisé soit Fr. 613.-.
  • Si l’exploitation produit dans le modèle de base et que, sans mesure de restriction, elle produit plus qu’à la même période il y a 12 mois (Simulations B3 et B4) réduire la production afin de bénéficier de la prime supplémentaire de 2 ou 4 centimes engendre une perte financière. Une diminution de la production de 10% dont 5% au bénéfice d’une augmentation du prix de 2 centimes engendre une petite perte de Fr. 1’387.- (Simulation B3). Une diminution de la production de 20% dont seulement 10% au bénéfice de la prime supplémentaire de 4 centimes donne lieu, quant à elle, un impact financier négatif de quelque Fr. 3’448.-, soit 3 centimes par kg de lait effectivement commercialisé (Simulation B4).
Quelles recommandations ?

Bien qu’il soit peu motivant de réduire la production de son troupeau, surtout lorsque l’exploitation a été affectée par la langue bleue l’année précédente et que les fourrages sont de très bonne qualité cette année, une diminution volontaire et généralisée des ventes de lait s’avère nécessaire pour éviter un effondrement encore plus sévère des prix. Trois alternatives sont envisagées pour réduire les volumes de lait livrés et désengorger le marché : la réduction des concentrés distribués aux vaches laitières, la réforme anticipée de certaines vaches, ou l’engraissement de veaux. Selon les calculs effectués, le coût de cette réduction varie selon le scénario et les options choisies. Dans le meilleur des cas, ces mesures peuvent améliorer le revenu de 0,5 centime par kg de lait commercialisé, tandis que dans les situations les moins favorables, le revenu peut être directement réduit de plus de 4 centimes par kg de lait. Il convient toutefois de considérer ces actions comme un investissement visant à soutenir le prix du lait et à prévenir un effondrement plus marqué du marché.

La réduction des quantités de concentrés distribuées apparaît comme l’option la plus intéressante sur le plan économique pour limiter le volume de lait commercialisé, suivie de près par l’engraissement de veaux. Cette dernière option nécessite toutefois de disposer de place, d’une certaine maîtrise de la production et d’un investissement en temps plus important.

Pour une exploitation dont la production n’excède pas celle de la même période l’an dernier, une réduction de 10 % des quantités livrées constitue la seule situation permettant de limiter le volume de lait sans impact économique négatif.

Vous souhaitez effectuer une simulation pour votre exploitation ?

Le fichier Excel développé par la FRI pour rédiger cet article peut être téléchargé sur le site internet de la FRI.  Les productrices et producteurs pourront ainsi adapter les chiffres à leurs propres situations afin d’apprécier mieux encore l’impact financier d’une baisse volontaire de la production sur leurs exploitations.

Le fichier est à télécharger ici…

Vous souhaitez voir le détail des calculs effectué pour l’exploitation-exemple ?

Les détails des 6 simulations réalisées avec le fichier Excel développé par la FRI pour l’exploitation-exemple sont consultables ci-dessous :

A1 Modèle de planification avec réduction volontaire de 7.6%
A2 Modèle de planification avec surlivraisons de 14%
B1 Modèle de base avec diminution volontaire de 5% dont 5% par rapport à 2025
B2 Modèle de base avec diminution volontaire de 10% dont 10% par rapport à 2025
B3 Modèle de base avec diminution volontaire de 10% dont 5% par rapport à 2025
B4 Modèle de base avec diminution volontaire de 20% dont 10% par rapport à 2025
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